Cahier n°2 : La vie de l’esprit et le travail des hommes en Cézallier

Editorial

Faire connaître et partager la vie de l’esprit et le travail des hommes en Cézallier peut paraître un objectif bien ambitieux. C’est cependant ce que les Amis du Vieil Allanche recherchent avec autant de modestie que d’opiniâtreté. Il ne s’agit point d’aller « sonder les reins et les coeurs» de ces hommes qui nous ont précédés ou vivent encore parmi nous mais de découvrir à travers leurs productions – matérielle ou intellectuelle – le lien parfois ténu qui unit leur mentalité à leurs actions, leur façon de vivre à leur façon de penser. C’est une évidence, il y a une relation entre ce que font les hommes et ce qu’ils pensent ou éprouvent. Aristote n’évoquait-il pas déjà la logique du geste et de la pensée ? Toute création humaine n’est que la
manifestation de cette cohérence même si c’est parfois l’imagination la plus vive qui est à son origine. Alors étudions ce qu’ont réalisé les hommes du Cézallier, ce qu’ils ont laissé après eux et observons aussi leur mode de vie et leurs activités d’aujourd’hui. Le passé et le présent se tiennent.
Jean-Paul Belmondo est un enfant du pays d’Allanche, il est même l’un des plus anciens maintenant: qui l’eût cru, qui l’eût su si Philippe Glaize et quelques autres n’avaient pas éclairci le mystère. Les couvreurs corréziens ont créé la belle harmonie des toits d’Allanche: cela montre leur talent et la capacité des gens du pays à accueillir les étrangers, voire la main d’oeuvre étrangère. Les habitants n’ont pas hésité à importer des matériaux venus d’ailleurs, lauzes sédimentaires, métamorphiques, magmatiques, tuiles chantantes de chez nous ou ardoises schisteuses de Donzenac et Travassac. Christian Baillargeat a largement démontré la complexité de leur composition: le minéral est un corps solide peu soluble dans le langage
courant.
Le Cézallier est un territoire coupé, c’est-à-dire entaillé par de profondes vallées et compartimenté mais il n’est pas replié sur lui-même: l’architecture de ses églises manifeste l’influence de la Basse-Auvergne, du Velay, de la Corrèze ou de la Provence. La remarquable étude des tableaux de l’église d’Allanche de Pascale Moulier, permet de constater la diversité de leur origine: les fidèles ont su accepter des influences culturelles parfois exotiques. Et le rituel de la Vierge de La Pironnée, d’où vient-il ? Enfin, Philippe Deiber, paysan cosmopolite atypique a suivi un itinéraire amoureux et s’est fait le chantre de la Salers, le poète de l’estive.
Passionnante comme toutes les histoires humaines, la vie du Cézallier se lit dans le sens vertical et horizontal. Les linguistes et certains historiens parlent plutôt de diachronie et de synchronie. C’est la même chose pourvu que nous gardions l’esprit ouvert et le cœur généreux.
par Bernard Vinatier

Au sommaire

  • Jean-Paul Belmondo, enfant du pays d’Allanche
    L’artiste fut en effet allanchois durant l’année 1949 à l’occasion d’une convalescence à la suite d’une primo-infection. Une période ou le jeune Jean-Paul nouera de nombreuses amitiés.
  • La belle harmonie des toits bleus d’Allanche
    La cité se distingue par la qualité de son bâti et plus particulièrement par l’harmonie de ses toitures. L’article est une mine d’informations sur les toits et leurs réalisations.
  • Vous avez dit lauzes ?
    Un article sur les définitions classiques, géologiques, utilitaires sur ce matériau de couverture lithologique présent abondamment (encore) dans le Cantal et dans le Pays d’Allanche.
  • Itinéraire d’un amoureux de la race salers
    Et quand on sait toute l’importance de la Salers dans notre région, on comprend la passion de l’auteur et son envie de promouvoir la race.
  • Les tableaux de l’église d’Allanche
    Pascal Moulier de « Cantal Patrimoine » avait en 2008 donné une passionnante conférence sur les peintures de l’église. On découvre dans cet article, bien illustré, que l’église possède « un remarquable patrimoine de onze tableaux qui forment un ensemble assez représentatif de la peinture religieuse de Haute-Auvergne, du XVIème au XIXème siècle ».
  • Une bien curieuse procession à la Pironnée » de Charmensac
    Le hameau de La Pironnée sur le plateau basaltique entre Le Bru et le bourg fut le théâtre d’une tradition ou l’on plongeait la statuette de la Vierge dans la fontaine pour faire venir la pluie.

Crédit photos : Yves Aufauvre
Mise en page et réalisation : Jean Bernard Beland

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